lundi 14 mars 2011

Baisse des effectifs de La Poste : faut-il craindre d’autres suppressions d’emplois ?

La Poste vient de déclarer avoir réduit ses effectifs de 16% en 5 ans, soit un solde net de 44 000 départs, 15 fois les effectifs de Facebook ! Au même moment, McKinsey annonce que la filière Internet a créé sur la même période 700.000 emplois en France et qu’elle représente 25% de notre croissance en 2010.

Il n’y a certes aucun effet « vase communicant » entre ces deux nouvelles. Les 44 000 personnes sont plutôt des départs à la retraite et les créations d’emplois Internet sont plutôt des moins de 30 ans. Mais c’est une bonne nouvelle de constater que l’économie se modernise en France et que la jeune génération occupe des métiers de l’économie numérique qui n’existaient pas il y a encore 10 ans et inversement certains métiers au sein de La Poste n’existeront plus.

Mais revenons à la question épineuse de la réduction des effectifs postaux. Dans cette réduction, quelle est la part des effectifs qui concerne l’activité de distribution du courrier dans les boites aux lettres ? Concerne-t-elle l’activité de ceux ou celles qui sont sur la route, au contact avec l’usager, une activité par essence non mécanisable et dont le processus n’est pas « numérisable » ?

La question vaut bien d’être posée car pour anticiper les bouleversements de l’économie numérique, les effectifs autour des activités de tri, d’affranchissement ou de services centraux de La Poste peuvent encore se réduire. Mais en ce qui concerne la distribution dans les boites aux lettres, il est inopportun de supprimer un facteur simplement parcequ’au lieu de mettre trois lettres dans une boite il n’en mettra plus que 2…et encore cela suppose que le nombre de lettres diminue, or nos boites aux lettres ne désemplissent toujours pas ! Il faut donc maintenir le nombre de facteurs pour distribuer le courrier dans des conditions de proximité et d’humanité pour les usagers. La Poste, qui conserve par ailleurs sa mission de service public entend jouer la carte de la proximité en développant des « services à la personne ».

En maintenant les effectifs sur le terrain, La Poste conservera ainsi son plus grand avantage concurrentiel, celui du dernier kilomètre (ce qui n’est pas sans rappeler la boucle locale de France Telecom) en concentrant le maximum d’objets, de lettres, de documents, et de colis dans ses tournées. Peut être même qu’à terme, La Poste aurait avantage à proposer ses services de distribution à d’autres acteurs de transport, ceux par exemple qui possèdent de véritable réseaux mondiaux comme Fedex, UPS ou DHL et qui pourraient s’appuyer sur la présence locale de La Poste.

Dans ce contexte, nous espérons que la baisse des effectifs de La Poste ne concerne pas et ne concernera pas les « effectifs du dernier kilomètre » car ce serait en opposition avec sa stratégie. Par contre, la question se pose pour tous les services dont le processus est mécanisable ou « numérisable » comme par exemple l’affranchissement du courrier et des colis en ligne. Dans ce domaine, il y encore des sources de productivité incroyable quand on sait que moins de 3% des affranchissements ou de l’émission d’un bordereau d’expédition se fait directement en ligne alors que la SNCF enregistre déjà 2 commandes sur 3 par Internet.

JBR


Aucun commentaire:

Derniers tweets

    Share |